Mon histoire de Château

Vous vous demandez peut-être qui sont ces personnes qui font vivre le château, vous renseignent et animent les ateliers ? Château Chalabre fonctionne grâce à l’Association des Chevaliers du Kercorb et ses bénévoles. Et ce depuis 2001 ! Sans leur participation, la gestion du parc serait bien compliquée. Arrivés par hasard, visiteurs ou anciens stagiaires, le Château compte autant d’histoires différentes que de personnes qui l’animent.

Sylvain Cosentino
39 ans
Peintre décorateur, Toulouse
16 ans de Château

Penché sur son dessin, ce grand brun timide ne fait pas son âge. Passionné d’histoire et titulaire d’une Licence en la matière, il franchit pour la première fois la porte du Château lors d’un stage. Nous sommes en Juillet 2004.

A l’époque le slogan du Château était « L’histoire en s’amusant ». C’était exactement ce que recherchait Sylvain « Je voulais interagir plus avec les gens, créer du lien et leur faire vivre et découvrir l’histoire autrement ». Petit à petit il se fait sa place, anime d’abord la calligraphie et se penche un peu plus sur l’héraldique (la science des blasons). C’est dans cet atelier que lui vient l’idée d’incarner le Héraut d’Armes du Château. D’abord en public lors des spectacles où il s’amuse à présenter les chevaliers du tournoi. Mais aussi en privé : avant chaque adoubement, Sylvain prend le temps de s’entretenir avec le futur chevalier et de lui dessiner son propre blason. Trait de caractère, vécu, idéaux, il ne laisse rien au hasard.

Pendant des années, Sylvain est heureux au Château et y passe tout le temps qu’il peut. Mais dans sa vie professionnelle il s’ennuie, en a marre. Animateur en centre de loisir pendant plus de 10 ans et directeur pendant 5 ans, il décide de tout plaquer en 2018 et de faire le point. Historien dans l’âme, doué en dessin, que faire ? Et pourquoi pas se destiner à la rénovation des décors peints dans les églises et les châteaux ? Et ça tombe bien, au Château, les trompe l’œil ce n’est pas ce qui manque ! « Je me suis dit que finalement quitte à être bénévole dans ce château là il valait mieux que je m’oriente dans cette formation pour être sûr que quelqu’un les restaure ». En 2019 la machine est lancée. Sylvain effectue un module trompe-l’œil à l’Ecole des Arts et des Matières d’Albi. Puis suit une formation de peintre décorateur en 8 mois. En juin 2020, il est officiellement diplômé.

Depuis cette formation, Sylvain ne fait plus d’animations dans le château. A la place, il restaure et gratouille les murs à la recherche de décors. Lui et 3 autres bénévoles (Juliette Baron, Olivia Barth et Yannick Dabouy) ont entièrement restauré la pièce des Maîtres Bâtisseurs (entresol, partie XVème s. du Château). Entièrement ? Pas tout à fait … En entrant à droite, une frise en trompe-l’œil datant du XVIIIème siècle joue à cache-cache au milieu des cinq couches de peintures que comptent les murs. Sylvain travaille sur cette frise depuis plusieurs semaines et pense enfin avoir retrouvé les éléments manquants du dessin d’origine. D’ici quelques jours, il commencera la restauration de ce décor peint. L’un des premiers d’une longue série dans le Château.

 

Juliette Baron
19 ans
Peintre décoratrice, Mirepoix sur Tarn
5 ans de Château

C’est lors de vacances en famille, alors qu’elle n’a que 15 ans, que Juliette découvre le Château. Cette adolescente joviale et passionnée de chevaux n’a à l’époque qu’une seule idée en tête : travailler avec les chevaux. Séduites par le lieu, l’ambiance entre les bénévoles et la perspective d’être au contact des chevaux ; Juliette et sa maman Marie-Christine décident de devenir bénévoles. Elles reviennent en 2015 et passent tout l’été au Château. Alors que sa maman est tantôt à la boutique, tantôt au tranchoir (la buvette), Juliette, elle, passe ses journées entre les écuries et la lice de chevalerie. Encadrée par les autres bénévoles du pôle équestre, du haut de ses 15 ans la jeune fille ne se démonte pas et est déterminée. Le travail avec les chevaux n’est pas de tout repos mais tout ceci ne l’effraie pas : « J’étais contente, ça faisait des journées de 10h environ jusqu’à 19h, voir plus parfois. On était crevées, oui, mais c’était de la bonne fatigue ».

Même si, elle l’avoue, les journées étaient bien remplies « Il fallait préparer les écuries, mettre le foin, préparer les boxes, aller chercher les chevaux en haut de la colline dans leur pré, les brosser, leur mettre les grosses selles western – à 15 ans mon dos il s’en souvient ! – monter les chevaux en lice, faire le spectacle, les redescendre, enlever les selles, les brosser de nouveau, les ramener à leur pré et nettoyer toutes les écuries ». La première année pourtant, Juliette ne prend pas part aux tournois. L’été d’après en revanche elle commence, et de fil en aiguille elle se lie à un cheval, Rosario.

Juliette aime le côté ludique des tournois mais est fascinée par les décors peints du château. Ce qui la fascine d’autant plus c’est ce que les autres bénévoles peuvent lui en dire : « là où moi je ne voyais qu’un dessin par exemple, les autres voyaient un trompe-l’œil de feuilles d’acanthes, comment et pourquoi, quelle époque etc… » Peu après sa terminale elle entame, elle aussi, une formation à l’Ecole de l’Art et des Matières d’Albi. « Si je n’étais jamais venue au Château je ne me serais certainement orientée dans cette voie, en tout cas pas de suite, j’aurais peut-être mis plusieurs années, qui sait… » Aujourd’hui, elle est peintre décoratrice et excelle dans les trompe-l’œil représentant des marbres.

 

Louis Coste
25 ans
Chercheur en informatique, Lyon
6 ans de Château

Horodişte, Moldavie, 2014.

Un groupe de scouts est appelé pour rénover une école en écopension et faire de l’animation pour des enfants.  Parmi eux, Louis. Au fil des conversations ses amis de Toulouse lui parlent d’un Château non loin de la ville rose « Tu devrais venir faire de l’animation ! C’est vachement sympa ! » Ni une ni deux, au retour de la Moldavie, Louis prend son baluchon et suit ses copains. Il ne savait pas trop ce qu’il allait trouver au Château. Au départ, « l’histoire, le Moyen Age, ça me passait un peu au-dessus de la tête ». Petit à petit il apprend tout ce que l’on montre dans le parc de loisirs : calligraphie, héraldique, tir à l’arc, etc… Mais s’il y a bien un endroit où il se montre doué c’est en salle d’armes, de loin son atelier préféré. Rapidement Gilles Romero lui demande de prendre part au spectacle à pied et de faire la démonstration de combat.

Cependant, au Château, ce qui plait le plus à Louis ce sont les gens qu’il y rencontre. Très vite le jeune homme se trouve une seconde famille. « On rigole beaucoup avec certains, d’autres vous apprennent pas mal de choses, les deux aussi. Ça permet de forger de véritables amitiés, d’avoir des gens sur lesquels on peut compter et qu’on a plaisir de retrouver quand on vient en saison faire les animations ». Au-delà des animations, les bénévoles sont logés au château et vivent en communauté dans les appartements. Ça ne dérange pas Louis, même s’il admet que composer avec les caractères des uns et des autres « peut s’avérer compliqué, surtout quand on est nombreux. On mange ensemble, on partage les espaces communs, on partage les chambres, on fait des sorties, au lac, aux marchés gourmands, donc on tisse aussi des liens en dehors du travail qui sont importants ».  Quand on lui demande comment de tels liens peuvent se tisser en si peu de temps, Louis hésite, avant de répondre : « Je fais un peu le parallèle avec les scouts. Le fait de vivre en communauté, de travailler ensemble autour d’un même objectif, ça forge de réels liens que tu ne pourrais pas avoir autrement. »

Preuve en est, il y a 4 ans Louis rencontre notamment Johan : « on s’est vus pendant deux semaines il y a 4 ans et aujourd’hui il fait partie de mes meilleurs potes ». Et il y en a tant d’autres ! D’habitude, Louis consacre trois semaines au Château sur son mois de congé annuel mais l’été prochain, le blondinet a décidé de partir en road trip avec un autre de ses amis, Guillaume, rencontré lui aussi au Château.

 

Caroline Vignon 

23 ans 

Employée en boulangerie, Valence 

3 ans de Château

 

En 2017, Caroline est en première année de BTS Tourisme à Saint Étienne. Un jour son école lui envoie par mail la proposition de stage de Château Chalabre. « Animations des ateliers pour les groupes scolaires, créations de nouveaux ateliers », il n’en faut pas plus à la jeune fille pour être séduite par l’offre. Elle postule et est prise en stage. Une fois sur place elle découvre les lieux et l’univers médiéval en accompagnant les enfants dans les ateliers.

En parallèle Caroline développe une animation autour de la tapisserie de la Dame à la Licorne. Cette œuvre célèbre exposée au Musée de Cluny, aurait été tissée aux alentours du début du XVIème siècle. « C’est une tenture composée de 6 panneaux, les cinq premiers représentent les 5 sens, et le dernier représenterait le sixième sens. Donc il y a toute une analyse autour de ce que serait le sixième sens ».

Depuis ce stage, elle éprouve le besoin de revenir chaque année. « C’est une attache. Quand on arrive au château on se sent tout de suite chez soi. C’est très convivial ». Elle prend plaisir à « revoir la famille ». Un été sans Château c’est inenvisageable pour elle « je ne me vois pas ne pas revenir ». Quand elle est au Château, Caroline aime prendre part aux animations qu’elle adore. La calligraphie c’est ce qu’elle préfère « c’est beau et minutieux ». Souvent, elle pousse les parents qui n’osent pas à essayer d’écrire avec un calame. « C’est étrange, des fois, les parents s’imaginent que les activités ne sont que pour les enfants alors qu’ils peuvent très bien s’amuser aux aussi. » Par-dessus tout, Caroline aime partager ce qu’elle sait avec les visiteurs. « Transmettre ce que l’on sait, voir dans les yeux des enfants (et des parents !) qu’on leur a appris quelque chose, c’est formidable ! On se sent utile. »

Une fois, elle est venue hors ouverture au Château pour passer le Nouvel An avec les bénévoles. Quand on lui demande si elle préfère le Château ouvert ou fermé Caroline ne sait que répondre : « J’aime bien les deux. Quand le Château est fermé on ne travaille pas on fait ce qu’on veut, mais quand il est ouvert au public, il vit ! Et nous on se sent importants, car c’est important d’être là pour les gens qui viennent visiter Château Chalabre. »

 

Vous l’aurez compris, au-delà du parc médiéval interactif, Château Chalabre c’est aussi et surtout une grande famille et une véritable aventure humaine. Vous avez découvert les histoires de Sylvain, Juliette, Louis et Caroline, mais nous aurions pu vous raconter celles de Baptiste, Lisa, Maéva, Pieyre, Victoria, Marie, Loïc, Guillaume, Johan, Charlotte, Pascal, Martine, Thomas, Monique, … et encore tant d’autres.

Des belles histoires à Château Chalabre, il y en a peut-être autant que de pierres qui le compose.

Et vous, quelle est votre histoire de Château ?

 

Marie Gounin

 

 

 

 

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